J’étais dans une création extraordinaire de chapeaux de paille grands, pour l’hiver
Quand tout à coup à ma porte a sonné un poème de cette belle femme noire qui porte sur elle une grande cape de la longue plainte noire et lancinante qu’on connaît.
Cette belle vieille femme noire que j’aime depuis longtemps, mais ce n’est pas ma mère.
Car ma mère, je l’aime depuis toujours. Depuis la notion même de souvenir je l’aime ma mère qui est la plus belle de la terre même quand elle tourne sur elle même, la terre, et qu’on ne comprend plus rien, surtout pourquoi les indiens font l’amour comme des femmes ou pourquoi les indiens des montagnes péruviennes ont de plus gros poumons que nous.
Moi j’aime ma mère.
Mon amour pour elle ne peut pas se disspier dans la fumée d’une soirée houleuse et pleine d’âmes assoiffées de fiel et gonflantes d’une vieille amertume qu’on appelle machisme –mais en réalité c’est tout autre chose- c’est la frustration de savoir que nos mères ont toujours mieux su que nos pères, elles ont toujours porté le fardeau du savoir, du savoir-mieux, du conseil, de la raison, de l’art de deviner qui nous sommes même avant notre naissance et nous les femmes nous savons.
Nous savons que dans notre ventre il y a cette capacité à aimer pour deux.
Nous savons que dans notre ventre il y a cette capacité à déjà connaître.
Nous savons que dans notre ventre il y a comme une devinette inscrite et dont on fait semblant de ne pas connaître la réponse.
Et moi, j’aime ma mère.
Mon amour pour ma mère est comme la pointe de l’édifice de mon amour pour le monde. Pour vous, mes sœurs, pour vous, professeures d’un jour et d’une vie, pour vous vieilles âmes légères comme une boule de suif, assises comme collées à moi dans le bus et je vous vois virevolter autour de ma tête comme des anges.
Monde.
Le monde, comme la lune, la mer.
Monde.
Comme le soleil pourtant, masculin comme manquant d’une vertèbre – mais il lui manque une côte à celui-là!
Femme.
Femme, nuit, femme, passion.
Femme je ne t’aime que si tu es libre.
Libre du mensonge inventé par le premier homme qui s’est senti nu face à celle qui sait tout.
Homme servile consciant de sa servitude, danger pour nous toutes, homme violent de sa faiblesse, homme ignorant de son infériorité.
Tais-toi, apprends.
Au dessus du frigo, une mappemonde
Et moi la tête pleine de voyages.
août 8, 2011 à 5:23 |
C’est magnifique!
De toi Aiana?
S’il-te plaît laisse moi ton blog, je les veux tous ces po^mes, t’as vraiment un don…
Bisous