poème très simple pour se souvenir

Je regardais hier les feux d’artifices à travers de très grands arbres

Et à côté de moi il y avait un chat noir qui prenait trop de place

Et en face des bougies rassemblées au même endroit

Dans de jolis bougeoirs en verre, avec des arabesques dessus

Et sur leur droite un paquet de petites bougies basses

Et près de mes pieds une fille qui regardait les feux

Derrière elle un garçon qui rêvait en silence

Et en face, elle, qui s’endormait.

 

Dans la cuisine un fondant au chocolat entamé

On avait joué à qui en mangerait le plus

Puis on avait abandonné

Et sous mes chaussettes le sol blanc

Et sur mes chaussettes la couverture orange

Et dans le ciel, derrière les arbres, parfois du rouge, parfois du vert, parfois du doré qui explose et retombe en petillant : des étincelles

-le feu saule pleureur

-le feu caché

-le feu contre-temps

-le feu follet

-le feu qui surprend

-le feu plus loin que prévu

-le feu au ras du lac

-leu feu qui prend naissance ici et meurt là

 

et nous

et nous grandis et nouveaux demain, dans le salon

au 6ème étage, derrière les arbres

grands, très grands et noirs

et nous rêvons à l’unisson avec toute la ville et toute la ville écoute la même musique

 

et quand ça s’est éteint

dans mon corps encore longtemps bondissaient les couleurs de ce soir derrière les arbres.

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